mercredi 15 mai 2013

Nous sommes tous organisateurs de GN



Organiser un GN représente un travail colossal pour une poignée d’organisateurs motivés par leur passion. La participation financière demandée aux joueurs ne reflète aucunement l’investissement qui a été consenti par les orgas.
 Si les heures passées par les organisateurs à écrire des scénarios, à fabriquer des aides de jeu, à répondre aux mails, à prendre des joueurs par la main, à bosser sur le terrain, à programmer des sites web, étaient comptabilisées au prix du marché de l’événementiel européen, la pratique du jeu de rôle grandeur nature serait réservée à une élite fortunée.  Or ce loisir reste démocratique grâce à la bonne volonté d’organisateurs qui vivent leur passion comme un sacerdoce et qui font leur possible pour faire de leur GN une réussite.  Ces organisateurs ont la plupart du temps un travail et une famille.  Une famille souvent tolérante qui doit s'accommoder d’une passion envahissante.

Le seul retour qu’un organisateur peut attendre de tout son labeur est, si le jeu fonctionne, quelques applaudissements, le plaisir d’avoir proposé un bon moment à ses amis, la satisfaction de lire les commentaires sur le net, de chouettes souvenirs, l’incomparable extase de voir s’animer “en vrai” un monde dont des pans sont nés de son imagination, et certainement quelques potes en plus.... Si le jeu ne fonctionne pas, il s’en tire avec une mise au pilori sur les réseaux sociaux, sur sa réputation une cicatrice qui se rappellera encore à lui dix ans plus tard, et un peu moins d’amis... Pourtant, le jeu en vaut la chandelle car quand on a attrapé le virus de l’organisation, on le garde souvent toute sa vie. Parfois on réussit, parfois on se plante. Et même si on se plante, on est encore là pour écouter ce qui ne s’est pas bien passé pour améliorer la suite parce que le but final c’est de créer un cadre dans lequel les joueurs vont prendre du plaisir.


Par contre, ce qui est proprement insupportable pour un organisateur, c’est le “joueur client”. Le joueur qui pense qu’en payant entre 50 et 100€ de PAF, tout lui est dû. Le joueur qui est à mille lieues de mesurer l’énormité de la tâche qui repose sur les épaules d’une poignée d’orgas. Le joueur qui n’a pas 5 minutes pour remplir un formulaire ou 10 minutes pour proposer quelques lignes de back. Le joueur qui ne mesure pas la chance qu’il a de pouvoir jouir du travail des autres.  Le joueur qui vient se plaindre pour un oui ou pour un non.   

Dans un GN, il n’y a pas de “clients”. Il y a des joueurs qui sont, comme les orgas, les moteurs du jeu. Comme l’auberge espagnole, le joueur apporte, lui aussi, sa pierre à la mise en oeuvre du GN et à son amélioration au fil du temps.  La majorité des joueurs l’ont compris et contribuent grandement à alléger le poids de l’organisation.  Finalement, dans un GN, il n’y a que des organisateurs, qui, à leur échelle (orga, pj, pnj), tentent de rendre tangible un moment de rêve.  Chacun porte sa part de responsabilité, dans la réussite, comme dans l’échec.

3 commentaires:

  1. Pour compléter ce billet d'humeur : http://www.electro-gn.com/57-lacomplaintedelorgaautomate

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  2. Pas mal le coup de gueule dans électro GN, ce sont des choses qui méritent d'être dites ;-)

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  3. Bonjour,

    merci pour ce super billet qui présente très bien ce qu'est l'organisation en particulier et le GN en général.

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